Cela fait un petit moment que je souhaite reprendre les articles de ce genre, où je vous donne mon avis sur un sujet particulier. Avant de commencer, je tiens à préciser que je n’estime pas avoir la vérité absolue. Cet article sert surtout d’ouverture au débat et de pouvoir échanger avec vous. Afin de reprendre cette rubrique, je vais vous parler de l’époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître : l’époque reine des démo de jeux vidéo.
Les démo, souvent une récompense.
Et oui, il y a bien longtemps de cela, les démo en version physique étaient légion. Que ce soit dans les magazines papier ou les journaux – quand le secteur de la presse papier n’était pas encore en crise – les boîtes de céréales ou encore avec les VHS (quand je vous dis qu’il s’agit d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître…).
Les Démo étaient un formidable outil marketing : à l’heure où Internet n’était pas encore dans tous les foyers, nous n’avions pas accès à toutes les informations à la demande, ni des personnes qui jouaient sur des plateformes de streaming. Les Démo étaient la seule manière d’avoir un avis sur un jeu vidéo de manière subjective. Généralement, ces Démo étaient accessibles à toutes et tous, pour le peu qu’on ait la machine adéquate. A l’époque , il s’agissait de CD qui étaient offerts gratuitement, ou alors qu’on pouvait réclamer par courrier, contre des frais d’envoi. Je me souviens avoir découvert une multitude jeux de cette manière, dont les meilleurs souvenirs provenaient de Tony Hawk Pro Skater – que j’avais eu dans un magazine de soluce et dont j’avais réussi à établir un record national à l’époque – ou encore Zeus, Maître de l’Olympe que j’avais eu gratuitement avec la tour de mon PC. Quand je vous dis que nous pouvions avoir les Démo de multiples façons.
Comme dit plus haut, c’étaient vraiment des outils marketing, qui permettaient de mettre en avant des jeux. Mais c’était aussi un moyen pour les marques partenaires de vendre leurs produits plus facilement. Qui n’a pas acheté des Miel Pops juste pour le CD offert ? Ou encore acheté un magazine juste parce que la démo avait l’air bien, mais que les articles non ? Dans les années 1990, les CD de Démo étaient un vrai bien culturel et une pratique plus que courante. Malheureusement, cette pratique s’est perdue avec l’avènement d’Internet, des sites spécialisés d’information, et enfin avec les plateformes de streaming.
Aujourd’hui, une denrée rare.
Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Et bien, c’est la disette ! Il est impossible de trouver des Démo en version physique – bien normal quand l’industrie du jeu vidéo pousse les joueurs à consommer de plus en plus de jeux en version numérique. Les Démo existent toujours, mais se font de plus en plus rares.
Le champion toute catégorie est sans nulle doute Nintendo : presque toutes ses grosses sorties sont précédées d’une version Démo plus ou moins longue. Ici, la Démo n’est plus considérée comme étant un réel outil marketing, mais plus comme étant un argument de vente. Même si aujourd’hui les streamings sont légion, il est toujours appréciable de pouvoir tester un jeu juste avant de passer en caisse – ou non. Et ça, Big N l’a bien compris ! Dernièrement, Nintendo a mis en ligne dans son eShop la démo du remake de Miitopia, alors boudée par les joueurs quand sa sortie a été annoncée. Or, cette Démo était vraiment là pour renverser la vapeur puisque cette dernière pouvait aller jusqu’à 2H30 de jeu environ – soit le premier chapitre. Par ailleurs, sa durée de vie m’a personnellement surprise.
Du côté de Nintendo donc, les Démo sont assez courantes, mais du côté de PlayStation, de Xbox ou encore sur PC, ces derniers vont plutôt miser sur les Beta fermées, des créneaux de tests, ou encore des clés distribuées de façon aléatoire. Ce qui signifie que généralement seulement une poignée de joueurs aura la possibilité de tester le dit jeu. Cette stratégie permet en effet de susciter de l’envie autour d’un jeu, mais peut avoir un effet négatif. Cela peut créer un sentiment de non appartenance à une communauté, le sentiment d’être mis à l’écart et de ne pas être considéré.
Les Démo en version physique : un possible retour ?
Personnellement, je ne le pense pas. Alors que les scalpers sévissent de partout – les personnes qui achètent en masse pour revendre au prix fort sur Internet – il serait impossible aujourd’hui de faire un retour en arrière. Et la pénurie des rayons de certains biens – comme les cartes graphiques ou encore les cartes Pokémon – en sont un bon argument. Si on devait à nouveau adopter les Démo en version physique, nous verrions des personnes se bousculer aux grilles des grandes surfaces pour espérer avoir son propre exemplaire, voire plusieurs pour les plus gourmands. Ce serait un scénario catastrophe, et la communauté des joueurs serait encore pointée du doigts par les média généralistes et sur les réseaux sociaux. Alors non, ce n’est pas possible. A moins que les gens deviennent des personnes raisonnées et rationnelles.
Actuellement, la meilleure solution serait effectivement de faire comme le fait la firme nippone, c’est-à-dire de laisser en libre accès à toutes et tous les Démo jouables, pour une durée souvent illimitée. Cela permet de se faire un avis personnel, que ce soit lors du jour de la sortie, ou bien après. Souvent, terminer une Démo est vecteur d’achat, bien plus que les Influenceurs qui sont souvent considérés comme étant achetés par le constructeur ou le studio pour ne dire QUE du bien du jeu. Là, il serait possible de faire son propre avis, avec tout le libre arbitre et l’impartialité que cela implique.
Les formules Game Pass et PS Now : les petites soeurs des Démo ?
Ces deux solutions, certes payantes, sont sans doute la meilleure alternative à la disparition des Démo dans le monde du jeu vidéo. En effet, grâce à un abonnement au prix souvent attractif, il est possible d’avoir accès à un catalogue de jeux – parfois même Day-One. Même si le jeu ne nous appartient pas au final, c’est quand même l’occasion de tester des jeux dont on n’était pas sûr de passer en caisse pour.
De puis peu, j’ai accès au Xbox Game Pass, et il est vrai que je me suis permise de tester des jeux dont je ne connaissais pas l’existence, ou tout simplement des jeux auxquels je n’aurais jamais pensé y jouer tout court. Même si ce sont des services payants, il s’agit d’une bonne alternative pour les plus hésitants, et pour les personnes dont le banquier est assez sévère en fin de mois.
Encore une, je n’estime pas que je suis une spécialiste en la matière. Je veux simplement partager avec vous les constats que je fais. Si vous voulez en discuter, dans le respect bien évidemment, les commentaires sont ouverts.






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